En 2026, accoucher autrement reste (presque) un privilège. Selon un sondage IFOP mené auprès de 1134 femmes âgées de 18 à 45 ans, l’intérêt pour les Maisons de Naissance est bien réel. Et pourtant… en France, seule 1 femme sur 1000 a accès à ce type d’accompagnement.
Un chiffre interpellant quand on sait qu’à l’étranger, ces structures existent en nombre depuis les années 70. En France, leur reconnaissance a été longue à se concrétiser.
C’est la loi du 6 décembre 2013 qui autorise enfin leur expérimentation. Le principe est alors de permettre à des sages-femmes d’assurer le suivi de femmes enceintes présentant une grossesse à bas risque, de la grossesse jusqu’à l’accouchement et au suivi postnatal.
Le cadre est précisé en 2014 par un cahier des charges de la Haute Autorité de santé, puis par le décret du 30 juillet 2015. Les maisons de naissance sont conçues comme des structures autonomes, juridiquement distinctes des établissements de santé, mais nécessairement contiguës à une maternité partenaire, afin de permettre un transfert rapide en cas de complication.
En 2015, un appel à candidatures permet de retenir neuf maisons de naissance expérimentales. Les premières ouvrent progressivement leurs portes à partir de 2016. L’une des 9 expérimentales, Premier Cri à Vitry-sur-Seine, a abandonné son projet.
Après plusieurs années d'expérimentation et d'évaluation, une étape majeure est franchie avec la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021, qui prévoit la pérennisation et le déploiement des maisons de naissance. La phase expérimentale prend ainsi fin et les maisons de naissance entrent dans un cadre juridique pérenne à partir de novembre 2021.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que les maisons de naissance deviennent des maternités alternatives accessibles à toutes les femmes. Elles restent destinées à des grossesses répondant à des critères d'éligibilité, dans un cadre où la sécurité et la possibilité d'un transfert vers la maternité partenaire restent essentielles.
Le nombre de structures reste encore limité, mais le modèle continue de se développer. Le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes recense actuellement neuf maisons de naissance en fonctionnement.
• CALM
• ParisDoumaïa
• CastresLa Maison
• GrenobleLe Temps de Naître
• Baie-MahaultManao
• Saint-PaulPremières Heures au Monde
• Bourgoin-JallieuManala
• SélestatUn Nid pour Naître
• NancyCasa de Naissance
• Aubagne
Et de nouvelles ouvertures sont en cours avec plusieurs projets sont actuellement en développement, avec notamment :
• Maison de naissance Aoua Keita
• Montreuil (Seine-Saint-Denis) : ouverture annoncée pour 2026, au sein du CHI André-Grégoire.Maison de naissance de Schiltigheim / projet Le Berç'O : ouverture prévue en 2026, au sein du CMCO de Schiltigheim.
• Projet Premiers Regards – Haute-Savoie, actuellement en développement.
• Naissance en n'Or à Tourcoing, projet porté depuis 2020 et ayant obtenu son autorisation, avec un projet désormais engagé vers la réalisation.
En un peu plus d'une décennie, elles sont donc passées d'un projet expérimental à une composante reconnue du système de santé français. Leur développement reste néanmoins limité par le nombre de structures disponibles, faisant de leur implantation territoriale et de leur accessibilité un enjeu important pour les années à venir.